Je Me Souviens

By: | Posted on: 09.11.2012

La curiosité a toujours laissé mon esprit vagabonder de part et d`autre dans ma boîte osseuse de 1400 cm3 renfermant mon cerveau. En effet, depuis mon jeune âge, je m`intéresse aux moindres détails qui sont pourtant très communs à tous, mais négligeables aussi. Par exemple, lors de mes promenades voiturières, après avoir témoigné mes rêves valsés dans le paysage virevoltant à chaque seconde derrière ma fenêtre, mes yeux se fixent soudainement sur une plaque d’immatriculation. Cette dernière me pousse toujours à me demander quelle vérité se cache derrière cette ‘‘Je me souviens’’ devise dont son créateur, M. Taché, reconnu pour ses talents architecturaux ayant servi pour la création de remarquables édifices québécois, a omis de laisser dans ses documents une explication à ce sujet. Enfin, je peux finalement admettre que j’ai réussi à dénicher l’énigme! Cela m’a pris un bout de temps à percer ce mystère, puisque je devais d’abord déménager mes muses, mes idées aussi bien que mes bagages en Arménie, mon pays d’origine. Certes, vous vous demandez, chers lecteurs, comment puis-je diriger mes paroles vers un tout petit territoire qui, pour une certaine période dans l’histoire, a été soumis aux grandes puissances telles que l’Empire Ottoman et l’URSS. Toutefois, le flot du sang qui coule dans mes veines est identique à celui du courant des rives parcourant les champs d’Ararat. Malheureusement, ce dernier ne se retrouve pas à ce jour sous l’emprise arménienne. Les vrais propriétaires de ce chef-d’œuvre sont effectivement privés de cette éminence en raison du génocide accompli par les Turcs le 24 avril 1915. Depuis ce temps, les Arméniens, les assujettis, se sont dispersés ça et là pour pouvoir survivre sans l’oppression et l’intrication turques. Et voilà, je suis en train de raconter l’histoire arménienne, mon histoire dont ‘‘je me souviens’’ avec fierté, puisque, lors de ma visite, je pouvais pointer avec mon doigt tout bâtiment dans mon patrimoine et expliquer sa naissance. J’étais même capable de renifler les odeurs des mets de ma culture comme le lavash, notre pain reconnu pour sa minceur et douceur, les fruits tels que notre célèbre grenadine etc. Ainsi, en étant capable de me souvenir d’où mes racines en tant qu’Arménienne ont commencé à pousser et comment elles ont été parfois victimes de proies essayant inlassablement de les arracher, ‘‘je me souviens’’ de mon identité. Après mon voyage en Arménie, je remarque enfin que M. Taché devait être un homme savant et sage qui n’a pas voulu laisser de traces ou d’indices qui pouvaient nous aider à comprendre la devise québécoise pour une seule raison : pour que chaque culture présente sur les terres de cette province puisse survivre en étant constamment rappelée par cette diction qu’elle-même doit se souvenir de son histoire. ‘Je me souviens’ est un message adressé à nous tous, l’avez-vous reçu mes pairs?

 

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